BREF APERCU CONTEXTUEL ET JUSTIFICATION DES PROGRAMMES DE LA CPC

La CPC en tant que cadre de lutte contre la pauvreté par l’entrepreneuriat coopératif est une organisation bipartite de promotion coopérative regroupant les Etats et le mouvement coopératif africain.

La CPC s’est dotée depuis sa création d’un instrument de développement des ressources humaines au service de la promotion coopérative : le Centre Panafricain de Formation Coopérative (CPFC) devenu en 1993, l’Institut Supérieur Panafricain d’Economie Coopérative (ISPEC) et en 2009 Université Africaine de Développement Coopératif (UADC). Cet université, outre les milliers d’acteurs coopératifs qui y sont passés, a formé et mis à la disposition des pays membres jusqu’en 2011 plus de 600 cadres supérieurs et moyens des deux sexes dont 40% de femmes. Les personnes ainsi formées constituent des ressources de qualité très appréciées par les organismes et les administrations qui les utilisent. Certaines parmi elles occupent des postes de responsabilité élevés dans les administrations publiques, dans les organismes de coopération bilatérale ou multilatérale, d’autres sont des responsables d’ONG nationales ou internationales ou de cabinets de consultations. Du point fait de l’effectif de ces ressources humaines en rapport avec les besoins du terrain, il ressort que l’effectif des cadres encore en fonction est largement en dessous des besoins qu’exprime le terrain dans tous les secteurs du développement coopératif.

Si cette insuffisance en personnel d’accompagnement et le souci d’un appui technique de proximité aux coopératives ne transparaissaient pas comme une préoccupation prioritaire des pays, c’est parceque jusque là, le rôle et la place des coopératives dans la réduction de la pauvreté n’avaient pas été perçus de façon convaincante par les Etats. Aussi, les institutions financières internationales notamment la Banque Mondiale privilégiaient-elles le financement direct des Etats dans le cadre de leurs appuis au développement. Les résultats presque mitigés obtenus à travers ce mode opératoire d’appui ont incité les partenaires au cours de la troisième décennie des indépendances, à privilégier l’appui direct aux organisations à la base. Cet appui touchait beaucoup plus les organisations du secteur agricole alors que d’immenses opportunités existaient dans les autres secteurs et pouvaient, si elles étaient bien cernées et suivies, apporter une contribution appréciable aux stratégies de création d’emplois et de lutte contre la pauvreté. On peut citer notament dans ce cadre, les coopératives d’épargne et de crédit, d’artisanat, d’habitat, les coopératives et les mutuelles de santé, les coopératives de travailleurs pour ne citer que ces expériences. A partir du milieu des années 90, le constat plus évident qui se fait ça et là en Afrique reste l’élargissement des bases de la pauvreté qui tend à devenir une pandémie surtout parmi les populations rurales et péri-urbaines. Cette situation a amené la CPC à procéder à l’analyse de l’environnement économique, social et culturel des populations africaines face à la pauvreté rampante. Ce qui lui a permis de concevoir et d’adopter, de 2000 à nos jours, trois programmes globaux engendrant à leur tour des programmes subséquents de mise en application.