Discours prononcé par son Excellence Faure Gnassingbé Eyadema,le 11 décembre 2008 au Palais des Congrès de Lomé.

Excellence Monsieur le Premier Ministre, 

Excellence Monsieur le Président de l‘Assemblée Nationale, 

Monsieur le Président de la Conférence Panafricaine Coopérative, 

Monsieur le Représentant du Président du Bureau International du Travail, 

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, 

Honorables Députés, 

Messieurs les Présidents des Institutions de la République, 

Messieurs les Représentants du Corps Diplomatique et des Organisations Internationales, 

Messieurs les Officiers Supérieurs, 

Messieurs les Directeurs Généraux et Chefs de service, 

Vénérés Chefs Traditionnels,Mesdames et Messieurs et chers amis, 

L'Afrique est marquée depuis plus d'une vingtaine d'années par l'expansion exponentielle de la pauvreté et elle fait face à une crise multidimensionnelle : crise alimentaire, sociale, économique, financière. Cette crise multidimensionnelle et cette pauvreté, se manifestent chaque jour malgré tous les programmes d'assistance financière, matérielle et humanitaire de la communauté internationale et malgré les efforts inlassables de nos pays. 

Cette situation est caractérisée d'une part, par une précarité croissante et une forte concentration du marché du travail et d'autre part, par le caractère de plus en plus informel de l'emploi et un fort taux de chômage. Le problème de l'emploi est devenu de ce fait, une préoccupation de premier ordre tant pour les populations que pour les gouvernements. Notre pays le Togo, n'échappe pas à cette dure réalité. 

L'emploi étant fondamental dans la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, l'élaboration d'une stratégie s'impose afin de créer un environnement favorable sur les plans institutionnel et économique pour l'amélioration des conditions de vie de nos populations. Ainsi, l'accroissement qualitatif et quantitatif des opportunités d'emploi à offrir aux jeunes, dans différents secteurs à travers la formation, passe par la disponibilité des ressources nécessaires. La promotion et le développement des secteurs à fort coefficient d'emploi est porteur de croissance véritable. C'est tout cela qui fonde la stratégie du gouvernement en matière de politique pour la réduction de la pauvreté. 

Mesdames et Messieurs, chers invités 

Réussir cette ambition suppose de s'en donner les moyens. Et les moyens qui s'offrent à notre pays, c'est de pouvoir développer l'entrepreneuriat coopératif et créer des emplois décents. Cependant, il faut bien le reconnaître, l'absence de politique et l'inadaptation des textes de lois, constituent un handicap sérieux au développement des entreprises coopératives. 

Mesdames et Messieurs, 

Il est très heureux de constater qu'à travers le plan d'action décennal de lutte contre la pauvreté par l'entrepreneuriat coopératif en Afrique, la Conférence Panafricaine Coopérative se mobilise davantage vers la recherche des stratégies alternatives et de nouvelles voies de développement économique et social plus solidaires. Il est aussi heureux de voir son ambition proclamée et s'ouvrir à tous les pays du continent et de se doter d'une banque et d'une université africaine coopérative. 

Je saisis l'occasion de cette assemblée pour adresser mes remerciements au Bureau International du Travail qui a toujours été aux côtés de la conférence africaine coopérative, dans le processus d'élaboration des politiques et législations coopératives dans les pays africains et qui contribuent à la réussite de cette présente assise. 

Je voudrais aussi féliciter tous les coopérateurs africains particulièrement les coopérateurs togolais pour leur courage et détermination à faire avancer  le renouveau coopératif. Ainsi donc, la définition et la mise en œuvre de la politique et l'appui institutionnel, constitueront les tous premiers vecteurs pour promouvoir l'esprit d'entreprise coopérative. 

Mesdames et Messieurs, 

Je voudrais exprimer toute ma gratitude aux plus hautes autorités de la conférence panafricaine coopérative, pour avoir repris le processus de développement du mouvement coopératif avec  courage et amitié pour le peuple togolais. Je reste convaincu qu'ensemble nous pourrons tracer la voie qui fera du Togo  une société plus solidaire. 

Mesdames et Messieurs, chers invités, 

S'il faut partager la richesse, il faut aussi être conscient qu'on ne peut redistribuer la richesse qu'on n'a pas encore créée. Au nombre des conditions qui rendent possible cette création, il y a la rigueur et l'innovation mais aussi la promotion de nos valeurs de compassion et de solidarité. Nous voyons comment il s'avère difficile la tâche qui nous attend. Comment concilier les impératifs de la relance de la croissance et le redressement des finances publiques avec la prise en considération des aspects humains, souvent douloureux. L'équilibre à établir ne pourra résulter  que d'une véritable harmonisation du couple rigueur-humanisme comme un exercice quotidien. 

Mesdames et Messieurs, 

Nous devons donc ensemble, nous assigner comme objectif de conjuguer les engagements aussi différents et parfois contradictoires que la solidarité avec les impératifs du développement économique, la gestion démocratique avec l'efficacité, la responsabilisation de l'individu avec l'intervention communautaire et l'épanouissement de l'homme. 

Vous conviendrez avec moi que, le plus grand défis auquel nous sommes confrontés, c'est de redonner un sens à l'action collective, de renouer avec la promotion du bien commun au profit de nos communautés qui ont besoin d'un secteur coopératif dynamique et inventif dans le climat de mondialisation que nous baignons. 

Je vous invite à apprécier le facteur de stabilisation et d'assurance que constituent le coopératisme qui  porte en lui, les valeurs capables d'inspirer et de contribuer  puissamment à la réponse des besoins auxquels, le gouvernement ne peut plus satisfaire à lui seul. 

Détermination, vision à long terme, doivent faire partie de nos qualités. Enracinés dans le temps, les coopératives le sont aussi dans l'espace, parce que leur raison d'être et leur action les imbriquent dans la société togolaise au point de s'y fondre, elles devront quadriller notre territoire et en assurer une totale occupation. 

Mesdames et Messieurs, 

Pour finir, je voudrais au nom du peuple togolais, de son gouvernement et à mon nom personnel, remercier les plus hautes autorités de CPC pour avoir fait confiance à l'ancien Premier Ministre KwassiKlutsé en le désignant comme Président du Conseil d'Administration de la CPC et en me faisant l'honneur de me nommer parrain du mouvement. 

Je crois que, c'est un honneur qui est rendu au peuple togolais tout entier et notre responsabilité dans trois ans, sera grande. 

Pour finir, je voudrais, au moment où nous lançons officiellement le mouvement coopératif togolais, proposer que cette journée soit retenue comme la journée coopérative au Togo. 

Je vous remercie.