Sur invitation de l’Ecole Régionale Supérieure de la Magistrature (ERSUMA) de l’OHADA, la CPC a pris part à travers son Secrétaire Exécutif Monsieur Ibrahima NDOUR, le jeudi 08 septembre 2022 à la 6ème conférence annuelle sur le thème :  » La dynamique des sociétés coopératives dans l’espace OHADA « . Plusieurs conférenciers ressortissants de l’Espace OHADA ont débattu autour de ce thème qui a ressorti toute la valeur de la société coopérative dans l’espace OHADA.

La présentation de la CPC était centrée autour de : « L’apport de la Conférence Panafricaine Coopérative (CPC) dans la synergie du mouvement coopératif en Afrique« . Dans un brillant exposé très apprécié des participants, le Secrétaire Exécutif de la CPC a présenté la grande et longue contribution de la CPC dans le mouvement coopératif africain. Son exposé était articulé autour de trois points fondamentaux : la Présentation de la CPC, la coopérative et ce qu’il y a lieu de faire en Afrique; l’apport de la CPC dans la synergie du mouvement coopératif africain. Cet apport très considérable de la CPC peut se résumer comme suit :

La démarche de la CPC avant et au début des années 2000 visait le rapprochement stratégique  du mouvement coopératif dans son ensemble, ce  qui a même permis que les syndicats réussissent à se regrouper  dans une structure faitière et devenant ainsi un organe consultatif de l’Union Africaine.

Les tentatives de rapprochement qui ont amené la CPC à participer aux Assemblées Générales de l’ACI Afrique en 2006 en Tanzanie et en 2008 à Abuja n’ont pas été fructueuses. Les propositions de la CPC étaient pourtant progressives, allant de la fréquentation mutuelle au gré de nos activités et instances respectives, aux unités d’actions pour les intérêts communs avant de parvenir enfin à une union organique éventuelle.  Hélas pour le mouvement les coulisses et les pauses nous apprendront que les obstacles étaient dus à des intérêts de réseau et à des problèmes de personnes.

D’ailleurs, on devait souligner d’abord que, ce que la CPC a inscrit dans la logique des synergies c’est d’être née en même temps que son Centre Professionnel de Formation  Coopérative (CPFC) de Cotonou devenu Institut Supérieur Panafricain d’Economie Coopérative (ISPEC) en 1993. puis Université Africaine de Développement Coopératif (UADC) en 2009. C’est en effet  cette unité de formation ouverte aux membres et aux non membres qui a permis  de passer de 11 membres fondateurs  à 20 pays membres actuellement.

Vidées de leurs substances entrepreneuriales puisque instrumentalisées par les Etats, les parties politiques où des partenaires aux développements, la majeure partie des coopératives en Afrique ont trainé beaucoup d’insuffisances surtout dans les deux premières décennies des indépendances.

Voilà pourquoi les Programmes d’Ajustement Structurelle, dictés par le FMI et la Banque Mondiale à nos pays, avaient recommandé  la dissolution des grandes directions de l’action coopérative  dans le but plus global d’alléger les Etats  des charges dites inutiles ou non essentielles donc le secteur coopératif parmi. 

C’est dans cette période noire, à cheval entre les années 80 et 90 que la CPC et son Institut en partenariat avec le BIT ont repris le bâton de pèlerin pour réaffirmer par des colloques retentissants la place prépondérante des coopératives dans les processus de développement de nos pays: nous citerons celui de 1995 intitulé « pour le renouveau coopératif en Afrique » et celui de 1999 qui préparait le mouvement coopératif africain à une entrée remarquable dans le 21ème siècle.

C’est conscient des faiblesses des coopératives énoncées plus haut  que la CPC prendra deux actes majeures  à l’orée de l’an deux mille : saisir l’OHADA pour l’élaboration d’un acte uniforme  relatif aux droits des sociétés coopératives  et bâtir un plan d’action panafricain décennal comme législation communautaire et feuille de route du mouvement coopératif africain.

Ces deux instruments par leur pertinence et leur validité, ont par l’extension de leurs zones d’utilisation élargi le périmètre officiel des pays membres : le premier a été adopté par un colloque panafricain au Maroc et le second adopté par l’Union Africaine en 2004 à Ouagadougou a été  un outil de travail jusqu’en Afrique de l’Est, c’est-à-dire en Ethiopie et à Djibouti. 

De même, lors de l’année internationale des coopératives en 2012, la commande de l’ONU d’un plan action décennal panafricain a été engagée par la seule CPC qui a, dans la foulée, déplacé une délégation à la cérémonie de clôture à New York pour le faire adopter au nom du continent.

Enfin, cette année 2022, l’Union Africaine qui est en train de bâtir un plan d’action décennal pour l’économie sociale et solidaire a offert à la CPC  de belles occasions de rencontres avec l’ACI Afrique notamment pour relancer l’initiative d’une intégration  des deux pôles coopératifs auxquels pourrait se joindre le Réseau Panafricain de l’Economie Sociale, le tout dans la perspective d’un positionnement comme organe consultatif auprès de l’Union Africaine.

Au total, on peut avoir noté  la tendance presque unilatérale des initiatives et autres ouvertures sauf que ces dernières années l’ACI Afrique nous informe régulièrement sur ses activités et a même invité la CPC à ses dernières instances. L’espoir est en train de renaitre car après deux rencontres en Mars et en Aout 2022 le principe de déclencher le processus de l’intégration est maintenant acquis entre la CPC et l’ACI Afrique. Son aboutissement serait de grande portée au regard des nouvelles politiques de l’UA (Agenda 2063 et ZLECAF).